Les employeurs ne trouvent pas leurs perles rares? Alors qu’ils les créent !

January 30, 2012
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La semaine passée je tombe sur un gros titre de « 24heures », comme on le voit relativement souvent à propos du travail :
« Les employeurs peinent toujours à trouver la perle rare ».

Comme on nous le répète souvent en Suisse, le problème n’est pas la quantité de travail, c’est la qualification.

Remontons alors un peu dans le passé… 15 ans en arrière suffiront.
Jusqu’en ces temps là, tout comme aujourd’hui, beaucoup d’entreprise occupaient déjà des secteurs qui leur étaient bien spécifiques.

Mais que faisaient bien ces entreprises de si compliqué quand celles avaient besoin de main d’œuvre spécifique !?!
Elles la créaient en formant employés ! Aussi simple que ca….
Encore moins dans le passé qu’aujourd’hui, il n’y avait pas d’école « pseudo-spécialisée » et subventionnée par l’Etat qui formaient la future perle rare pour combler les besoins d’un secteur spécifique.

Mais aujourd’hui la formation, ca se résume à quoi ?
Exiger des boites de placement, de trouver l’employé potentielles qui aura des qualifications que ni ces entreprises de placement, ni les entreprises demandeuses n’ont jamais pris la peine former… (comme s’ils tombaient du ciel. D’ailleurs on ne dit pas “marché de l’emploi” pour rien).
Aujourd’hui pour un grand nombre d’entreprise, il est inconcevable de faire de la formation. Comment voulez-vous que des gens soient formés dans un domaine,alors que seuls, “deux” entreprises pratiquent ces spécificités !?!
A croire que les entreprises n’assument pas une partie de leur spécialisation. On ne peut pas ouvrir une école spécialisée pour répondre à chaque critère de chaque entreprise !?!

Les entreprises ne doivent plus attendre que ” comme par magie” une éventuelle école spécialisée se chargera de leur fournir une perle rare, comme le boulanger sor ses croissants du four. Une école professionnelle est là pour fournir les bases d’un métier, les entreprises ont là pour se spécialiser selon leur secteur et domaine d’activité.

Aujourd’hui grâce à des gens comme Henri-Ferdinand Lavanchy qui ont « inventé » la profession Kleenex, les entreprises ont profités ces dernières années d’un «cloud » de ressources spécialisées, que personne n’a véritablement pensé à réalimenter.

Alors limitée à chercher uniquement dans les universités, les « écoles polytechniques », elles vont jusqu’à chercher au delà des frontières des personnes qui seraient pourtant parfaitement capable ici.
Surtout que l’on voit que le parcourt dit « Académique » ne répond PAS à toutes les demandes de l’économie (un nombre grandissant de gymnasiens, d’universitaires finissent par chercher un apprentissage…). Des entreprise ont voulu prendre la voie de la facilité et le paient aujourd’hui.

Nombreux managers/chefs n’ont pas la volonté de former. Pour ces personnes, une entreprise n’a pas à perdre d’argent, ni de temps à former des gens. Par contre se plaindront quand il faudra dépenser des milliards pour rénover/mettre à jour nos infrastructures que ces personnes là ont favorisé. Et c’est aujourd’hui ces entreprises là qui se plaignent d’un manque à gagner, faute de « perles rares ».

Pourtant de nombreuse personnes aimeraient qu’on leur donne un « chance » et auraient toute la volonté et le compétence pour y arriver. Beaucoup d’employé aimerait évoluer dans leur entreprise si on leur donnait l’occasion de le faire.
La Suisse avait (et a toujours) un système de formation unique, qui en plus est envié par pas mal de pays, à savoir son apprentissage. Le seul défaut étant le temps qu’il faut investir mais le retour sur investissement à long terme permettra justement de combler le manque de ressource et la création de perles rares.

Malheureusement, aujourd’hui, grâce à la société « moderne » que nous vivons, l’apprentissage est mis à mal pour plusieurs raisons.
La première que je vois le plus souvent est le fait qu’un grand nombre de « chef(fe)s » internationaux venant d’un autre pays, considèrent les apprentis comme « ceux qui ont loupé leurs études » (la Suisse étant un rare pays à avoir compris que ce n’est pas parce que l’on ne fait pas d’études que l’on est incapable mais que ces gens aiment apprendre sur le terrain), notamment dans notre pays voisin francophone. L’image de l’apprentissage a pris un sacré coup. De plus, en s’excusant que l’on ne peut pas apprendre le métier par un apprentissage, ce qui est dans 85%, simplement faux, n’aide en rien la création de perle rare.

La seconde est que les caprices de certains jeunes sont parfois trop bien défendus par la loi. Encore, une fois, de défendre l’« enfant-roi » lui porte plus préjudice à long terme qu’autre chose. Bien évidemment il ne faut pas non plus autoriser les abus de certains patrons mais il ne faut pas non plus s’abaisser à certains caprices, un apprenti est là pour apprendre, pas pour gagner sa vie pour se payer un appart et une voiture!
Je connais quelques chef(fe)s d’entreprise qui ne veulent plus prendre d’apprenti à cause de ça.

Les entreprises aujourd’hui qui se plaignent du manque de « perles rares » en Suisse ne peuvent s’en prendre qu’à elles-mêmes. Il faut qu’elles se remettent en question et se demandent en quoi ont-elles contribué à créer ces perles !?! ». Visiblement en pas grand-chose pour certaines d’entre elle !

Investir dans l’avenir, ca commence par la formation (attention, je ne parle pas de la formation élitiste qui au contraire, est en train de couper l’économie en deux). Même si aujourd’hui ca ne répondra pas forcément à leur besoin, demain ca le sera. Aussi bien formée que ces gens le seront, aussi bons ils seront comme employés.
Car ce qui est sûr, c’est que l’on ne peut pas récolter, ce que l’on n’a pas semé.

 

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